Le point de départ
Recrutement d'un associé. Même vision, même énergie, même ambition. Sur le papier, l'associé parfait. Pourquoi j'ai déconseillé l'opération ? ↓
"J'ai peur de me tromper. C'est trop parfait. Au bout de 20 minutes d'entretien, il termine mes phrases."
Un fondateur, cabinet de conseil à Genève, en pleine croissance, me dit ça à propos du candidat qu'il s'apprête à prendre comme associé.
L'enjeu : 180 000 francs suisses de rémunération annuelle et 20% du capital.
La confiance est venue vite entre eux, presque trop vite pour que ce soit un hasard.
Une équipe fondatrice qui se ressemble se fait confiance plus rapidement, c'est documenté, et c'est même l'une des raisons qui poussent tant d'entrepreneurs à choisir un associé qui leur ressemble.
Le problème n'est jamais dans la vitesse de cette confiance. Il est dans ce qu'elle empêche de voir.
Une étude récente sur des équipes de fondateurs de start-up observe que les équipes les plus homogènes, celles où les associés partagent les mêmes valeurs et la même vision du monde, échouent statistiquement plus souvent que les équipes plus hétérogènes. La ressemblance accélère la communication. Elle ne corrige rien.
Ils partagent les mêmes forces. Mais également les mêmes angles morts.
Nous avons déconseillé l'opération. Ce n'est jamais une décision confortable à donner à quelqu'un qui a déjà commencé à s'imaginer travailler avec la personne en face de lui.
Quelques mois plus tard, plusieurs désaccords majeurs apparaissent entre les deux hommes. L'association ne se fera pas. Elle n'aura pas coûté 400 000 francs de rémunération sur deux ans. Elle en aura coûté 80 000, et nos honoraires.
C'est probablement une bonne nouvelle, même si personne n'aime l'entendre formulée ainsi.
Le signal à surveiller n'est pas la ressemblance elle-même. C'est la vitesse à laquelle elle installe la confiance, bien avant que quiconque n'ait eu le temps de tester un vrai désaccord entre les deux profils.
Une bonne association n'est pas celle qui crée le plus vite de la confiance. C'est celle qui résiste au premier vrai désaccord.
Ce qui se joue entre associés
Une association tient rarement par la seule complémentarité des compétences. Elle tient par la capacité à supporter le désaccord, à rendre explicites les attentes et à décider lorsque les intérêts, les rythmes ou les visions commencent à diverger.
La lecture RXP
Le sujet n’est donc pas seulement l’angle mort partagé. Il est de rendre visible, avant la décision, le mécanisme humain qui peut en modifier l’issue. C’est précisément là que la lecture comportementale devient un outil de décision plutôt qu’un commentaire a posteriori.
Human Due Diligence™
La Human Due Diligence™ complète la lecture financière, juridique et stratégique par ce qui fait souvent basculer l’opération : les personnes, leurs intérêts, leurs compatibilités, leurs non-dits et leur capacité réelle à vivre l’après-décision. Je l’utilise dans les associations, acquisitions et transmissions pour rendre visible ce qui n’apparaît pas dans les dossiers classiques. Si vous êtes confronté à une opération de ce type, c’est précisément ce que RXP Executive permet de sécuriser en amont.
Ce que le dirigeant peut observer
Mettez les désaccords potentiels sur la table avant qu’ils ne deviennent personnels : pouvoir, argent, rythme, ambition, sortie, recrutement et manière de trancher en cas de blocage.
À retenir
Une erreur humaine coûte rarement parce que personne ne pouvait la prévoir. Elle coûte souvent parce que les signaux existaient mais n’étaient pas encore organisés en lecture exploitable. Voir plus tôt ne garantit pas la décision parfaite ; cela améliore la qualité de la décision avant qu’elle ne devienne coûteuse.
Le point essentiel n’est pas seulement de constater « l’angle mort partagé ». Il est de comprendre le mécanisme humain qui le produit assez tôt pour pouvoir encore agir. Avec Human Due Diligence™, RXP Executive transforme ce signal en lecture exploitable : ce qu’il faut regarder, ce qui risque de se produire et où intervenir avant la décision.
Si ce que vous venez de lire ressemble à votre réalité, la prochaine étape peut être de rendre visible ce qui manque encore à votre lecture de la situation.